Anzac Day 2020

L’Anzac Day, ou journée commémorative de l’Anzac, est célébré le 25 avril de chaque année en Australie, Nouvelle-Zélande, France. Il commémore la sanglante bataille de Gallipoli (péninsule turque) entre les troupes Australiennes et Néo-Zélandaises contre l’armée ottomane en 1915 et la bataille de Villers-Bretonneux, dans la Somme, où les soldats du Commonwealth stoppent l’avancée allemande en 1918. Et de manière plus générale, l’engagement des troupes australiennes et néo-zélandaises en France et en Belgique. Plus de 100 ans après, l’émotion demeure intacte.

Cette année, en raison de la crise sanitaire liée au Covid-19, toutes les célébrations commémoratives sont annulées. Des Australiens, qui organisent une cérémonie virtuelle et des rassemblements, pour rendre hommage à leurs ancêtres morts dans les tranchées picardes, encouragent les habitants de la Somme à y participer. Ces derniers ont proposé aux volontaires de se rendre dans leur jardin ou à leur fenêtre le 25 avril à 5h55 pour respecter une minute de silence et allumer une bougie.

Par ailleurs, une application mobile (nommée « ANZAC », disponible sur les plateformes de téléchargement) permettra aussi à ceux qui le souhaitent de suivre la cérémonie nationale organisée en Australie. L’application mobile respectera les fuseaux horaires, en utilisant une diffusion décalée pour ceux qui ne sont pas situés sur la côte Est Australienne. En France, il faudra se connecter vendredi 24 avril, à partir de 21h55. En plus de la retransmission, l’application fournira une bougie vacillante (représentation de “The Eternal Flame”), elle permettra de prendre des photos et de les poster sur les réseaux sociaux.

L‘Historial de la Grande Guerre commémore l’Anzac Day !

La programmation culturelle 2020 de l’Historial de la Grande Guerre réservait une journée spéciale commémorative « Anzac Day », le samedi 25 avril 2020, à partir de 14h. Au programme : diffusion du film Gallipoli (de Peter Weir, 1981) et atelier culinaire « fabrication de biscuits Anzac ». En raison de la crise sanitaire actuelle, et la fermeture de l’Historial de la Grande Guerre jusqu’à nouvel ordre, ces animations ont logiquement dû être annulées.

Dans ce contexte particulier, l’Historial de la Grande Guerre s’associe donc, évidemment, à la démarche virtuelle et numérique mis en place pour l’Anzac Day 2020. Retrouvez ci-dessous une sélection de contenus pour commémorer les troupes australiennes et néo-zélandaises.

Les collections de l’Historial de la Grande Guerre

La recette des biscuits Anzac

Biscuits Anzac

La recette originale du biscuit était faite pour se conserver longtemps, et résister aux longs voyages qui les menaient vers ces soldats.

Ingrédients

125 g de farine
80 g de flocons d’avoine
150 g de sucre roux ou cassonade
45 g de noix de coco râpée
125 g de beurre
2 grosses cuillères à soupe de Golden Syrup (ou sirop d’érable, ou miel)
1 cuillère à soupe d’eau
1/2 cc de bicarbonate de soude

Préparation

1. Dans un saladier, mélanger la farine, noix de coco, sucre, et flocons d’avoine.
2. Dans une petite casserole, faire fondre le beurre, l’eau et le Golden Syrup, puis retirer du feu.
3. Ajouter le bicarbonate dans la casserole.
4. Mettre le tout dans le saladier, et mélanger.
5. Faire des boules de la taille d’une noix, et poser sur la plaque de cuisson.
6. Enfourner à 170° pendant 15 à 20 minutes.
Il faut que le biscuit soit doré, il sera encore mou, mais durcira en refroidissant.

TOMB : une œuvre contemporaine en mémoire des soldats néo-zélandais … et de tous les autres (par Kingsley Baird – 2013)

Artiste plasticien néo-zélandais, Kingsley Baird a réalisé, au cours d’une résidence de trois semaines à l’Historial, une installation-performance intitulée TOMB. Les Samariens ont eu l’occasion d’observer la progression de l’installation durant le mois d’avril 2013.

TOMB : une œuvre contemporaine en mémoire des soldats néo-zélandais … et de tous les autres

Cette structure artistique temporaire est semblable, dans la forme et la taille, à la tombe imaginée par l’architecte britannique Sir Edwin Lutyens, que l’on retrouve dans les cimetières militaires du Commonwealth. TOMB est construite avec 18 600 biscuits en forme de soldats empilés horizontalement les uns sur les autres. Ces biscuits ont été fabriqués par des professionnels de la boulangerie de la Somme et ont été découpés avec des emporte-pièces en forme de soldats australiens, néo-zélandais, allemands et français.

TOMB fait aussi référence au grand-père maternel de l’artiste qui combattit dans la division néo-zélandaise dans la Somme, ainsi qu’à la mythologie de l’ANZAC (Australian and New Zealand Army Corps). Kingsley Baird a conçu TOMB comme un nouveau concept de mémorial, dans lequel il explore la matérialité comme moyen de mémoire, et critique la notion orthodoxe du « mémorial » en s’interrogeant sur la notion de monumentalité.

La résidence d’un artiste contemporain au musée : construire une relation avec les habitants

Pour être proches des habitants de la Somme, Kingsley Baird a conçu son projet pour l’Historial et son territoire. Tout d’abord, l’élément central de son projet est de travailler avec le discours de l’Historial, en étant conscient de la capacité qu’ont les œuvres d’art et les objets du musée à « s’infecter » réciproquement, créant ainsi de nouvelles significations. Venue des antipodes, Kingsley Baird a souhaité également s’immerger dans notre quotidien en même temps qu’il construisait sa sculpture : au contact du personnel de l’Historial en partageant et en découvrant la vie du musée dans ses coulisses et en rencontrant les différentes personnes qui ont participé à la construction de l’œuvre. Ainsi, nous lui avons proposé de partager son expérience et sa performance artistique avec les habitants de la Somme : d’une part avec les sept partenaires boulangers-pâtissiers de la Somme qui ont fait les biscuits et d’autre part avec les jeunes du centre de loisirs de Péronne et du Lycée Pierre Mendès-France. Plusieurs types de publics qui n’avaient pas l’habitude de venir à l’Historial ont ainsi découvert le musée à travers la rencontre d’un artiste, le montage d’un projet de mémoire.

L’exposition itinérante So far from home

So Far From Home : L’histoire de 6 Australiens sur le front occidental

L’Australie devint une nation le 1er janvier 1901, lorsque les six colonies britanniques indépendantes de la Nouvelle-Galles du Sud, du Queensland, de l’Australie méridionale, de la Tasmanie, du Victoria et de l’Australie occidentale furent réunies pour former le Commonwealth d’Australie. La grande majorité de la population était née en Grande-Bretagne ou descendait d’immigrés britanniques.

Lorsque la guerre fut déclarée en 1914, les Australiens ressentaient encore un fort sentiment de loyauté envers l’Empire britannique et apportèrent volontiers leur soutien militaire. Peu de temps après fut formé un corps expéditionnaire de troupes volontaires, connu sous le nom d’Australian Imperial Force (ou AIF).

Ces hommes avaient diverses raisons de s’engager. Certains s’étaient enrôlés par un sens du devoir vis-à-vis de la “Mère patrie”, certains par loyauté ethnique et familiale, alors que d’autres considéraient les débuts de la Première Guerre mondiale comme une aventure. Après avoir servi dans la campagne des Dardanelles, alors que les troupes montées de l’AIF était restées au Moyen-Orient pour participer aux campagnes du Sinaï et de la Palestine, la majorité des troupes australiennes arriva en France en 1916.

Elles furent commandées par des généraux britanniques jusqu’en 1918, lorsque le lieutenant général australien John Monash prit les commandes de l’armée australienne. L’Australie fut un des rares pays à refuser la conscription : son armée fut constituée au front uniquement de volontaires. D’une population de moins de cinq millions d’habitants, 416 819 Australiens se portèrent volontaires pour l’AIF. Parmi eux, 331 000 servirent à l’étranger. Plus de 60 000 furent tués et plus de 159 000 blessés, gazés, ou faits prisonniers. De bien des façons, la guerre allait pour toujours changer l’Australie.