Les podcasts des médiateurs
Série : Premiers vols, premiers exploits : l’aube de l’aviation militaire française
Épisode 2
Par Manon


Par Manon
Les usines Michelin, pas mal non ? C’est français !
Saviez-vous cependant que pendant la Grande Guerre, les deux frères André et Édouard vont apporter, à leur manière, leur pierre à l’édifice dans la militarisation de l’aviation française.
Dès 1911, ils questionnent le président de l’aéro-club de France dans une lettre qui sera reprise dans les journaux : l’avion, ne pourrait-il pas servir à autre chose qu’un simple appareil de reconnaissance ? Ne pourrait-on pas le transformer en une redoutable arme de guerre ? Supérieure aux autres, car dans le ciel, ces oiseaux de fer ne sont entravés par pratiquement rien. L’idée d’une école de bombardements aériens est alors déjà présente dans la tête des frères Michelin.
Afin de contribuer à la défense nationale et confiants dans la puissance de leurs engins, ils injectent une partie de leur fortune et créent une compétition : le prix de l’aéro-cible Michelin, avec des épreuves de visée et de tirs. En 1912, ils publient et distribuent gratuitement une brochure d’un million d’exemplaires intitulée « Notre avenir dans les airs ». Dans celle-ci, ils estiment que la France a besoin de 5 000 aéroplanes, ainsi qu’autant d’aviateurs, de hangars, etc ; mais surtout d’une organisation claire et efficace : ils réclament la création d’un Comité national d’aviation militaire.
Dès le début du conflit, et sans attendre que les avions-bombardiers qu’ils proposent de construire soient réalisés, Michelin entreprend l’étude et la fabrication de leurs équipements, bombes et lance-bombes, ainsi que des viseurs très précis pour l’époque.
L’apport des frères Michelin est d’avoir développé très tôt la technique du bombardement en traînée : les bombes se déclenchent successivement afin de ne pas déséquilibrer le poids de l’avion. Cependant, l’armée ne prend réellement en considération ces nouvelles avancées que tardivement.
La même année les frères décident de l’ouverture d’une école de bombardement pour l’instruction des pilotes et bombardiers. Celle-ci est ouverte à Aulnat.
Par ailleurs, même si le nom Michelin est resté célèbre pour son avion Breguet, retenons également que pour les besoins de son école, Édouard Michelin a également construit la première piste en dur du monde en 1917 ! Aujourd’hui encore, un morceau de cette piste reste visible pour les visiteurs à l’aéroport de Clermont-Ferrand !